Mejja: Chanteur compositeur

Mejja, de son vrai nom Abdesslam Mejjaoui, est né le 11 juillet 1966 à Dcheira dans la banlieue d’Agadir.

Il a hérité l’amour de la musique de son père qui chantait l’amarg, ce mélange de poésie et de chant qu’affectionnent les rwaiss,
les chanteurs troubadours du sud-ouest du Maroc. C’est toutefois à sa grand-mère qu’il doit les premiers poèmes chantés.

mejja2Mejja intègre le conservatoire national marocain en 1984 et accomplit ainsi une formation académique qui favorise son ouverture sur d’autres horizons rythmiques. En 1986, il est lauréat du concours national de chant organisé par la 1ère chaîne marocaine. Il décide désormais de ne chanter qu’en berbère.

 Enfant d’Agadir, la ville cosmopolite, Mejja écoute du reggae, du Gnawa, et embrasse la vague du mythique groupe Izenzaren qui a déferlé sur le Maroc tout au long des années 80. Il se lance à son tour dans une quête d’innovation de la musique amazighe entre tradition et modernité, qui le conduit d’Agadir à Paris. Entre temps, en 1996, il enregistre son premier album.

 Eté 1997, il s’envole aux îles Canaries à la rencontre des Amazighes d’en face. Premier concert hors des frontières marocaines. Il parvient à installer une musique qui fédère toutes les sensibilités amazighes. Immense succès. Il décide définitivement de tout larguer pour le chant.

 Il s’installe à Paris en 1999 et vit sa vie de bohème avec ses galères et ses rencontres providentielles. Petits boulots, figurations pour pub, cinéma et clips alternent avec les concerts où il se produit aussi bien comme chanteur que comme musicien.

 Paris, la ville monde, lui ouvre les yeux sur la World musique. En 2001, il participe à l’enregistrement d’un DVD live au Zénith, en hommage à Lounès Matoub. En 2002, il enregistre 3 titres dans la compilation Numidia qui mêle la musique berbère (Touarègue, kabyle, tachelhit) à la musique jazz, au rap et au chant français. Il crée plusieurs spectacles où il fusionne la musique berbère avec différents styles musicaux : la musique africaine, le flamenco dont il admire la force de l’identité ; il expérimente des rythmes Gnawa berbère. C’est toutefois dans le Blues qu’il se reconnaît. Il y trouve la même complainte des plaines désertiques que chantait sa mère, originaire d’Ayt Baamran, au Sahara.

 Pour Mejja, l’aventure parisienne, c’est la révélation : la musique des autres qu’il y rencontre devient un miroir qui reflète ce que la musique berbère a de plus originel.

 Nourri de ces différentes influences, Mejja réinvente la musique berbère, équilibre subtile entre tradition et ouverture aux autres musiques.

 L’expérience parisienne l’amène à se produire avec plusieurs formations sur plusieurs scènes entre autres en France, en Allemagne, en Algérie, en Espagne, l’Italie, et en Turquie.

 C’est à l’issue d’une grande tournée au Canada et aux Etats-Unis, en qualité de musicien, qu’il réécrit et refait l’arrangement de sa chanson, « Ajjatangh » (« Laissez-moi », une rencontre entre les cultures du monde.

 Auteur et compositeur, Mejja inscrit sa chanson dans un projet musical qui entend se saisir de l’universel dans les racines amazighes pour appeler au dialogue des cultures.